La mission de ravitaillement SpaceX CRS-35 a décollé le 13 octobre à 6 h 33 sur la côte est américaine, soit 12 h 33 à Paris, depuis Cap Canaveral. Le billet de lancement de la NASA confirme que Dragon emporte plus de 6 300 livres de recherches et de fret, soit plus de 2,85 tonnes après conversion. Parmi les recherches présentées le 12 octobre, quatre expériences de la division des sciences biologiques et physiques concernent le cerveau, les maladies des plantes, les marqueurs biologiques et les bactéries résistantes aux antibiotiques. Le lancement est désormais réalisé ; il ne confirme ni l’amarrage ni des résultats scientifiques.

La première expérience utilise de petits modèles de tissu cérébral humain cultivés en laboratoire. Ils doivent séjourner cinq semaines dans la station, puis être comparés à des modèles identiques conservés sur Terre. Ce dispositif cherche à observer les effets d’un court vol spatial à l’échelle cellulaire. Un modèle de tissu permet une comparaison contrôlée ; il ne reproduit pas toute la vie d’un cerveau humain et ne constitue pas un essai de traitement chez des patients.

Comparer des modèles en orbite et sur Terre

Une deuxième étude porte sur des plantes infectées par un champignon pathogène. Les chercheurs compareront leurs changements moléculaires et structurels en station et sur Terre, afin de tester si la maladie se développe plus vite ou plus sévèrement en microgravité. La NASA envisage des retombées pour la sélection de cultures résistantes et pour l’agriculture spatiale. Ces usages dépendront des résultats : l’expérience emporte une question à tester, pas une nouvelle variété déjà démontrée.

Le troisième travail vise à accélérer l’analyse sur place. Un lecteur compact de microplaques, arrivé plus tôt dans l’année, doit être testé pour détecter et mesurer des biomarqueurs tels que des anticorps, des antigènes et des protéines. Aujourd’hui, certains échantillons doivent revenir sur Terre avant analyse. Obtenir des données dans la station raccourcirait cette attente et pourrait devenir particulièrement utile lors d’explorations plus éloignées, où les possibilités de ravitaillement seraient réduites.

Analyser sur place, surveiller les surfaces

La quatrième investigation revient pour son quatrième et dernier séjour prévu. Elle étudie comment des bactéries résistantes aux antibiotiques survivent et évoluent en microgravité. Les astronautes prélèveront à plusieurs reprises des échantillons sur les surfaces de la station. Ce suivi cherche à mieux comprendre les organismes présents dans cet environnement et à préparer des protections contre les infections ; il n’annonce pas la découverte d’une infection chez l’équipage.

Le programme distingue ainsi trois gestes scientifiques : comparer des modèles exposés à des conditions différentes, vérifier la capacité d’un instrument et surveiller des surfaces au fil du temps. Leurs résultats ne seront pas interchangeables. Une différence entre tissus, la détection d’une protéine et la présence d’une bactérie répondent à des questions propres, qu’il faudra interpréter avec les contrôles de chaque expérience.

Du ravitaillement aux résultats scientifiques

La NASA maintient dans son billet de lancement une arrivée visée le 15 octobre vers 11 heures sur la côte est américaine, soit 17 heures à Paris. Au point de vérification du 14 octobre, cette arrivée reste programmée. Le matériel doit ensuite permettre les expériences présentées. Les bénéfices envisagés pour la santé des astronautes ou la vie sur Terre demanderont que les observations soutiennent les applications proposées. Le laboratoire orbital apporte des conditions de recherche rares, pas un raccourci entre lancement et validation médicale.