Les émissions territoriales françaises de gaz à effet de serre sont estimées à 179,7 millions de tonnes de CO₂ équivalent au premier semestre 2026, contre 187,4 millions sur la même période en 2025. Le baromètre publié le 13 octobre par le Citepa donne ainsi une baisse de 7,7 millions de tonnes, soit 4,1 %. Les bâtiments et les transports en apportent la plus grande part. Ce résultat décrit six mois d’activité, avec des données encore provisoires.

La fin d’année relève d’un autre calcul. Le baromètre prévisionnel anticipe un recul de 1,3 % au second semestre par rapport au second semestre 2025. Sur l’ensemble de 2026, les émissions atteindraient alors 349,4 millions de tonnes, contre une référence provisoire de 359,4 millions en 2025 : une baisse de 2,8 %. Prolonger simplement les 4,1 % du début d’année effacerait le ralentissement que le scénario prévoit ensuite.

Six mois estimés, une année encore projetée

Dans les transports, le recul estimé du premier semestre est de 4,5 %, soit 2,7 millions de tonnes. Le transport routier représente plus de 90 % des émissions du secteur et baisse de 4,8 %. La note relie cette évolution notamment à des ventes de gazole en diminution de 7,3 %. Cela documente un lien avec les consommations de carburant ; le baromètre ne mesure pas séparément la part due aux prix, au renouvellement des véhicules ou à un changement durable des déplacements.

Les bâtiments affichent une diminution relative plus forte : 12 % au premier semestre, soit 3,7 millions de tonnes. Le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la cuisson dans les logements et le tertiaire expliquent l’essentiel du recul, avec une consommation de gaz naturel en baisse d’environ 10 % dans ce sous-secteur. Mais le scénario prévoit un rebond de 1,9 % au second semestre. Une évolution annuelle projetée de −5,9 % peut donc réunir une forte baisse en début d’année et une reprise ensuite.

Le gaz et le gazole au premier plan

L’industrie de l’énergie suit une autre direction. Ses émissions seraient en hausse de 3,6 % sur l’année, alors qu’elles reculent légèrement au premier semestre. La note anticipe davantage d’émissions liées à la production d’électricité au second semestre et mentionne le recours aux centrales à gaz, notamment pour contribuer aux exportations vers les pays voisins. Le total national peut ainsi baisser pendant qu’un secteur augmente : la variation de l’ensemble ne décrit pas chaque usage ou chaque filière.

Le périmètre est tout aussi déterminant. Le total présenté couvre la France hexagonale et l’Outre-mer inclus dans l’Union européenne, hors utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie, le secteur dit UTCATF. Ce sont des émissions territoriales, liées à la production sur ce périmètre. L’empreinte carbone des consommations françaises intègre aussi des émissions à l’étranger ; elle n’est pas calculée par ces 179,7 millions de tonnes. Une baisse territoriale ne donne donc pas, à elle seule, l’évolution de l’empreinte.

Un total qui ne décrit pas toutes les filières

Les niveaux de certitude diffèrent aussi entre les deux moitiés de l’année. Le baromètre mensuel utilise des données d’activité disponibles et des indicateurs sectoriels. Le prévisionnel ajoute des hypothèses, notamment issues du scénario économique de l’Insee. Le Citepa précise que les chiffres seront affinés et que la référence 2025 demeure un « proxy » révisable. Ces révisions font partie de la construction du bilan, au lieu de transformer une prévision d’octobre en inventaire annuel déjà arrêté.

Pour rendre la baisse durable, il faut savoir quels usages ont changé et dans quelles conditions. Le recul du gaz dans les bâtiments et du gazole dans les transports donne des points de départ concrets. La note méthodologique souligne toutefois que les baromètres ne répartissent pas les évolutions entre effets conjoncturels et transformations structurelles ; une telle distinction demande des données et des modèles spécifiques. Le recul est estimé. La durée de leurs causes reste à établir.