L’hiver austral se termine avec une banquise antarctique peu étendue au regard des observations satellitaires. Dans sa publication du 12 octobre 2026, la NASA situe le maximum annuel vraisemblable au 14 septembre, à 17,59 millions de kilomètres carrés. Il s’agirait du troisième plus faible maximum de la série. L’actualité est la nouvelle présentation de ces données ; le phénomène mesuré appartient à septembre, et non au jour de publication.

Le mot « maximum » désigne le moment où l’expansion hivernale atteint son sommet, pas un record absolu de glace. L’Antarctique est un continent entouré d’océan : la banquise peut s’étendre vers le large pendant l’hiver austral, puis reculer pendant l’été. Le cycle décrit par la NASA culmine habituellement en septembre et atteint son minimum en février. Pour apprécier une saison, il faut comparer un maximum à d’autres maxima, plutôt qu’à la surface bien plus réduite de l’été.

Septembre : le sommet de l’hiver austral

Le chiffre de 17,59 millions de km² mesure une étendue. Les scientifiques comptent comme couverte de glace une zone où la concentration atteint au moins 15 %. Une surface ainsi comptée peut donc contenir de l’eau libre. Elle n’est pas nécessairement entièrement occupée par une couche continue. Ce seuil permet de suivre une série cohérente ; il ne fournit ni l’épaisseur de la glace, ni son volume, ni une mesure des glaciers installés sur le continent.

La carte publiée représente la banquise du 14 septembre 2026 et trace en jaune l’étendue médiane de référence de 1981 à 2010. Cette comparaison rend le retrait visible autour du continent. Elle ne doit pas être confondue avec les cartes mensuelles de la série « World of Change » que la NASA présente dans le même document : une observation quotidienne et une moyenne de septembre décrivent des périmètres temporels différents.

Étendue, concentration et volume

Le rang de 2026 s’inscrit dans une histoire moins linéaire que celle de l’Arctique. La NASA rappelle une augmentation d’environ 1 % par décennie de 1979 à 2014, avec des maxima records entre 2012 et 2014. Puis la progression s’interrompt et de fortes diminutions apparaissent à partir de 2016, malgré des rebonds certaines années. Les records de faible minimum et de faible maximum ont tous deux été atteints en 2023. Le troisième rang de 2026 ne signifie donc pas que chaque année établit un nouveau record.

Le NSIDC avait déjà annoncé le 23 septembre ce maximum probable, en soulignant les fortes fluctuations possibles près du sommet saisonnier. Les vents peuvent déplacer et compacter la glace ; déterminer définitivement le jour culminant demande du recul. La nouvelle présentation de la NASA conserve le caractère vraisemblable de la date. Les deux publications s’appuient sur les mêmes observations : elles éclairent leur interprétation, sans constituer deux campagnes de mesure indépendantes.

Une série traversée par de fortes variations

Les satellites utilisent des capteurs passifs dans les micro-ondes, auxquelles la glace de mer et l’eau libre répondent différemment. Ces observations traversent les nuages et permettent un suivi régulier. La série commence fin 1978 avec Nimbus-7 ; plusieurs instruments ont ensuite pris le relais. La NASA indique qu’en 2025 les scientifiques ont commencé à utiliser les observations du satellite japonais GCOM-W. La continuité du suivi dépend ainsi autant de la méthode que des appareils qui la rendent possible.

Ce maximum bas prolonge une période où la couverture antarctique est souvent restée sous les niveaux habituels. Il pose une question de durée et de mécanismes, que le classement d’une seule saison ne résout pas. La NASA souligne la forte variabilité annuelle et la nécessité de poursuivre les observations pour distinguer changement de long terme et fluctuation statistique. L’indicateur utile reste précis : la place occupée par la banquise au sommet de sa croissance saisonnière, suivie avec la même définition.