Lionel Messi a terminé son parcours avec l’Argentine en participant aux trois buts d’une dernière victoire. Le 6 octobre 2026, au Monumental de Buenos Aires, la sélection a battu le Bénin 3–0 : deux passes décisives de son capitaine, puis un penalty transformé. L’adieu referme une carrière internationale commencée en 2005. Il ne met pas fin à sa carrière de joueur : son club, l’Inter Miami, annonce la poursuite de sa saison en MLS après ce dernier rendez-vous argentin.
Le match a d’abord résisté à son scénario de fête. Aucun but n’a été inscrit en première période. L’Argentine a fait la différence après la pause, avec Nicolás Otamendi à la 48e minute sur un corner de Messi. Nicolás Paz a doublé l’avantage à la 61e, encore servi par le numéro 10. Dix minutes plus tard, Messi a converti un penalty pour fixer le score. La fédération argentine confirme les trois buteurs ; le compte rendu détaillé de l’Inter Miami précise les minutes et les deux passes.
Une annonce en août, un adieu en octobre
Cette dernière sortie prolonge une décision déjà annoncée. Dans une lettre publiée le 31 août par l’AFA, Messi avait déclaré se retirer de la sélection. Il y évoquait ce qu’il avait donné au maillot et la place à laisser aux nouveaux joueurs. Le match d’octobre est donc l’aboutissement sportif de cette annonce, et non sa date initiale. À 39 ans, l’attaquant quitte l’équipe nationale après plus de deux décennies de convocations.
Le bilan doit lui aussi être daté. Le portrait publié par l’AFA le 31 août comptait 207 sélections et 125 buts. Après la rencontre contre le Bénin, l’Inter Miami porte ces totaux à 208 apparitions et 126 buts. Le dernier match explique cette différence d’une unité. Ces chiffres racontent une durée exceptionnelle, mais les titres donnent au parcours une autre dimension : Messi a fini par gagner avec l’Argentine les compétitions qui avaient longtemps alimenté ses échecs les plus visibles.
Les trophées ont changé le récit
La Copa América en donne la chronologie. Avant le premier sacre de 2021, l’Argentine de Messi avait perdu les finales de 2007, 2015 et 2016. La victoire contre le Brésil en 2021, puis celle contre la Colombie en 2024, ont inversé ce récit. La CONMEBOL recense sept éditions disputées par l’attaquant, 39 rencontres et 14 buts dans la compétition. Deux trophées ont couronné une présence qui n’avait pourtant rien d’un succès continu.
À ces deux Coupes d’Amérique s’ajoutent la Finalissima de 2022 et surtout la Coupe du monde remportée la même année. Ce dernier titre a donné à son histoire internationale le trophée autour duquel s’était longtemps concentrée la comparaison avec les grands champions argentins. Son départ emporte donc davantage qu’un finisseur : il retire à la sélection un joueur capable de créer une occasion, d’orienter une attaque et de conclure lui-même.
Remplacer plusieurs fonctions à la fois
Le dernier match le montre à une échelle très concrète. Messi a alimenté le premier but sur coup de pied arrêté, servi un autre buteur puis marqué. Remplacer cette combinaison de fonctions demande plus que d’attribuer son maillot à un successeur. La création, les phases arrêtées et la finition peuvent désormais devoir être réparties entre plusieurs joueurs. Cette redistribution constitue une question de jeu ; elle ne permet pas encore de prédire le onze ou les choix à venir de Lionel Scaloni.
L’Argentine conserve une équipe, un sélectionneur et des joueurs qui ont partagé ses victoires. Elle perd cependant une solution familière lorsque le match se ferme : chercher Messi pour faire avancer le ballon ou trouver la dernière passe. La succession se mesurera dans la capacité à produire ces occasions autrement. Les souvenirs des trophées ne donneront ni une ligne de passe supplémentaire ni un avantage au coup d’envoi des prochains matchs.
Le prochain match ouvrira une autre histoire
Le Monumental a offert à cette sortie un résultat à la hauteur de la fête. Le score ne résume pourtant pas ce qui se termine : une sélection a grandi, échoué et gagné pendant vingt et un ans avec le même repère offensif. Messi continue à jouer en club, mais l’Argentine devra construire ses prochains rendez-vous sans lui. Son héritage sera une ressource pour cette équipe ; ses passes, elles, ne seront plus disponibles.



