Maricarmen Abascal, 87 ans, dont l’expulsion avait déclenché une mobilisation pour le logement en Espagne, est morte, a annoncé le syndicat des locataires de Madrid le 7 octobre. Son appartement était devenu financièrement inaccessible. Les rassemblements suscités par son cas expriment une colère qui dépasse cette seule situation.
Expulsée sur un brancard le 23 septembre, Maricarmen Abascal avait vécu plus de soixante-dix ans dans ce logement, rapporte la BBC. Son père l’avait loué en 1956 ; après la mort de ses parents, elle avait conservé le bail et son loyer plafonné. La perte de l’appartement rompait une continuité familiale autant qu’une sécurité matérielle.
Un logement devenu financièrement inaccessible
Le loyer mensuel demandé était passé de 500 à 2 650 euros. La propriétaire avait ensuite proposé 1 650 euros, soit encore 300 euros de plus que la pension de la locataire. Même cette réduction laissait le logement hors de portée : avant toute autre dépense, le revenu ne suffisait déjà plus à payer le loyer.
Hospitalisée, Maricarmen Abascal n’avait pas pu signer l’accord qui aurait permis son retour. La négociation a donc produit une proposition, sans rétablir son accès au logement. Dans son cas, le prix demandé et le moment où une solution devenait effectivement possible formaient deux obstacles distincts.
Une réponse trop tardive pour cette locataire
À la Puerta del Sol, les rassemblements et la marche vers le Parlement décrits dans ce reportage ont transformé le décès en moment collectif. Les militants mettent en cause les conséquences de l’expulsion ; aucune cause médicale du décès n’est établie dans les informations publiées. Le fait documenté reste la mort d’une locataire âgée après la perte de son logement.
La situation rappelle enfin ce qu’une mesure d’urgence doit résoudre pour protéger concrètement un occupant : rendre le maintien financièrement possible, clarifier le droit à rester et intervenir avant la perte du logement. Une offre annoncée après une expulsion ne produit pas les mêmes effets qu’une protection applicable en amont. Dans ce dossier, la chronologie des décisions importe autant que les montants.



