La mission de ravitaillement SpaceX CRS-35 doit acheminer des expériences, de l’équipement et des provisions vers la Station spatiale internationale. Dans sa présentation du 7 octobre, la NASA vise un lancement au plus tôt le mardi 13 octobre depuis Cap Canaveral, à bord d’un Falcon 9 emportant le cargo Dragon. La recherche médicale tient une place importante dans la cargaison, mais les résultats attendus ne sont pas des traitements déjà disponibles.
Avec LambdaVision-1, les chercheurs veulent étudier la fabrication de rétines artificielles en microgravité, couche fine après couche fine. La NASA explique qu’une sédimentation réduite pourrait produire des couches plus uniformes et stables. L’enjeu immédiat est la qualité du matériau fabriqué ; l’amélioration d’un implant chez des patients est une possibilité à examiner ensuite, pas le résultat acquis de ce vol.
La microgravité comme outil de fabrication
Stellar Spheroids porte sur la croissance et le fonctionnement de modèles tridimensionnels de tissu cardiaque humain. Les chercheurs étudieront notamment la formation de réseaux vasculaires. Des modèles plus réalistes pourraient servir à étudier des maladies ou à tester des médicaments. Un tissu de laboratoire conserve toutefois une fonction de modèle : il ne remplace pas l’observation d’un organisme entier.
MINDS utilisera des organoïdes cérébraux pour explorer l’inflammation associée à des maladies neurodégénératives. Le programme réunit des cellules provenant de plusieurs personnes dans des ensembles que la NASA appelle des « villages d’organoïdes ». Cette diversité vise à mieux représenter celle des patients, sans faire d’un organoïde un cerveau complet ni d’une cible biologique un médicament validé.
Un laboratoire qui doit aussi être entretenu
La cargaison comprend aussi des expériences sur des verres fabriqués à partir d’éléments non traditionnels. Leur comportement à l’état fondu sera observé dans l’espace, puis des échantillons solides devront revenir sur Terre pour une analyse détaillée. Le retour est une étape scientifique à part entière : embarquer une expérience ne produit pas automatiquement un résultat interprétable.
À côté des expériences, Dragon transportera des équipements de maintenance et la dernière paire de nouveaux panneaux solaires IROSA prévue pour compléter l’augmentation de la puissance électrique de la station. Son retour doit notamment rapporter un joint défaillant du bras Canadarm2 pour analyse. La continuité scientifique dépend de cette logistique très matérielle : énergie, eau, pièces détachées et transport des échantillons.



